
21 ans après l’un des plus grands exploits de son histoire, Monaco remet les pieds au Bernabéu. Battu 4-2 à l’aller à l’époque, l’ASM de Didier Deschamps avait renversé le Real Madrid 3-1 au retour à Louis II. Les acteurs de cette rencontre se remémorent cette « remontada » et se projettent sur ce nouvel affrontement.
« On est tous restés la bouche grande ouverte », se souvient Jérôme Rothen, meilleur passeur de la Ligue des champions en 2003-2004 avec 6 offrandes, comme Deco. « Pour beaucoup, c’était notre premier match au Bernabéu. On découvre le stade la veille, vide, pour l’entraînement. C’est un endroit incroyable, hyper impressionnant, les tribunes sont très très hautes », poursuit l’ancien international français.
Ce jour-là, Monaco se déplace à Madrid pour y affronter le grand Real. Loin d’être favoris face à l’impressionnante armada madrilène, Jaroslav Plasil et ses coéquipiers ne font pourtant pas de complexes. « Quand tu affrontes les Galactiques, tu dois rêver! On avait de l’insouciance et on jouait tous le match le plus important de notre carrière ». Et malgré une première période compliquée, l’ASM mène miraculeusement 0-1 à la mi-temps grâce à un but de Sébastien Squillaci.
« C’est un souvenir magnifique, marquer dans ce stade devant ma famille face à ce Real », sourit l’ancien défenseur.
« Honnêtement, on a pris la foudre”
Zidane touche le poteau et Ronaldo loupe l’immanquable de la tête durant ce premier acte. « Qu’est-ce que c’était dur, témoigne Squillaci. Honnêtement, on a pris la foudre! On a eu quelques bonnes périodes mais je me souviens des renversements de Beckham qui déplaçait tout le bloc équipe. On courait comme des malades. »
En deuxième période la baraka n’est plus là et le Real déroule jusqu’à mener 4-1 grâce à Helguera, Zidane, Figo et Ronaldo, après notamment un penalty concédé par « Toto » Squillaci sur R9. « Il me fixe avec ses passements de jambes et je revois Desailly en parler dans Les Yeux dans les Bleus. J’essaie de regarder le ballon mais ça va tellement vite. Même s’il était moins affûté qu’à l’Inter, il restait très puissant. » Fernando Morientes, prêté par les Merengue, réduit l’écart à 4-2. Un but qui « permet de rester en vie en perspective du match retour », dixit JR25.
Didier Deschamps « avait prévu le scénario »
Grâce à la règle du but à l’extérieur, un succès 2-0 suffit aux Monégasques pour se qualifier. « On avait montré des choses à l’aller, notamment qu’on pouvait leur mettre des buts, souligne Squillaci. Mais celui qui vous dit qu’à la fin de ce match, il pensait qu’on se qualifierait au retour, il mentirait ». Tout jeune entraîneur, Didier Deschamps y croyait encore, assure Plasil. « Il avait prévu le scénario, c’est la marque des grands. À la causerie il avait prévenu, même si on encaisse le premier but, rien n’est perdu. C’est ce qu’il se passe avec Raul à la 36e minute, derrière on ne se défile pas ».
Monaco doit marquer trois fois, lâche les chevaux et le capitaine Ludovic Giuly trompe Iker Casillas avant le retour aux vestiaires. « C’était très important de marquer avant la mi-temps, se rappelle le milieu tchèque. Ludo nous a dit qu’ils étaient morts physiquement, il en a parlé avec Zidane dans le tunnel. Toutes les stars avaient une trentaine d’années et enchaînaient les matchs. Ça nous a reboosté ».
« On était en mode warrior, des guerriers », poursuit Rothen.
Scénario idéal au retour des vestiaires, Morientes, encore lui, permet à Monaco de mener 2-1 dès la 48e. Louis II s’embrase.
Giuly en héros, Zidane revit Bordeaux-Milan 96 mais dans le mauvais rôle
Ludovic Giuly écrit sans doute la plus belle page de son histoire sur le Rocher ce soir-là avec une « madjer » à la 66e qui qualifie virtuellement l’ASM. Il faut désormais tenir… « On pouvait mourir sur le terrain ce jour-là, jubile Plasil. Ça doit être le cas à chaque match, mais là c’était fois 10!” Ça tient, Raul marque une nouvelle-fois mais est hors-jeu, Nonda et Adebayor sont même proches de mettre Monaco à l’abri mais ils heurtent les montants.
Le score est scellé, Zinédine Zidane arrive la tête basse au micro de TF1. « On est tous très déçus. J’avais vécu ça avec Bordeaux contre Milan (en 1996, 2-0 à l’aller et 3-0 au retour à Chaban-Delmas, NDLR), maintenant je suis dans l’autre camp, il faut accepter que Monaco a été bien meilleur que nous ». L’ASM éliminera dans la foulée Chelsea (3-1 à Louis II, 2-2 à Londres) puis tombera en finale contre le Porto de Mourinho (3-0).
« On m’en parle encore aujourd’hui »
Jaroslav Plasil garde un souvenir ému de cette épopée: « C’est une grosse déception mais en même temps qui aurait parié sur nous en début de saison? (…) Le coach, le capitaine, les recrues, les jeunes… La mayonnaise a pris, tout le monde allait dans le même sens ».
Le temps est passé mais le souvenir reste gravé dans la mémoire de Squillaci. « On m’en parle encore aujourd’hui. Cette équipe était aimée par les Monégasques mais pas seulement. On était un vrai groupe, heureux de passer du temps ensemble. À table on restait après les repas, ça chambrait, ça discutait, ça jouait aux cartes… Pas à deux ou trois mais toujours une bonne quinzaine. On avait l’insouciance et la solidarité. J’aurais aimé la gagner (la Ligue des champions), comme tout le monde, mais je retiens l’aventure humaine. Franchement on a vécu quelque chose d’exceptionnel. »
La génération actuelle doit « élever son niveau » sinon « ça risque d’être très compliqué »
Mal en point en championnat avec sept défaites sur les huit dernières journées, l’ASM version 2025-2026 retrouve donc le Real Madrid ce mardi lors de la 7e journée de la phase de ligue de Ligue des champions. Une compétition dans laquelle elle est dans le coup et peut s’inspirer de ses aînés.
Avec neuf points après six journées, l’objectif top 24 est envisageable. « Il y a beaucoup de blessures, il faut leur laisser du temps. C’est un jeune groupe avec un nouvel entraîneur », souligne Plasil. Squillaci surenchérit: « Les deux équipes ne sont pas sur les mêmes dynamiques qu’à notre époque. Elles sont toutes les deux un peu malades mais ça reste quand même le Real Madrid. Monaco sait élever son niveau, on l’a vu dernièrement en Ligue des champions malgré une saison difficile. Ce serait un exploit de s’imposer là-bas. »
Rothen conseille de s’inspirer de Marseille, battu 2-1 en septembre, qui avait fait douter les Madrilènes. « Motivés, les Monégasques le seront naturellement mais il faut être conquérants, comme l’OM en début de saison. Il ne faut pas avoir peur de prendre des risques, se lâcher mais rester concentrés. Si vous n’élevez pas votre niveau au Bernabéu contre une équipe, même malade en ce moment, ça risque d’être très compliqué. » L’exploit n’en serait que plus beau.
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